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ACTUALITES KOU-BUGNY
ACTUALITE AIR CALEDONIE : Air Calédonie a de nouveau battu l’an passé un record en termes de passagers transportés. Mais la compagnie a aussi vu les pannes ou incidents d’exploitation augmenter.
Des valises et des hommes cloués parfois au sol de Magenta... L’image a fait couler autant de salive et de sueur, que d’encre. Chez Air Calédonie, « 2008 a été une année très occupée, souffle un employé. Nous avons été un peu victimes de notre activité ». Les mécanos ont été mis à contribution. Forcément : les programmes de vols ont été intensifiés, et la flotte s’est privée d’avions en raison de deux grosses opérations réglementaires de maintenance. D’après les données de la compagnie, le taux moyen de vols assurés à l’heure de départ s’est tout de même calé à 99 %, et ce taux, « c’est notre objectif », note Michel Bertherat, le directeur technique de la société. Mais l’activité globale, notamment en termes de passagers, a augmenté de 7 à 8 % l’an dernier. Conclusion, sur le plan purement quantitatif, le nombre de défauts de régularité techniques, selon le jargon aéronautique, a augmenté. Davantage de pannes, davantage de légers décalages... En 2008, « le problème était la régulation », admet Michel Bertherat. Un souci technique génère un incident de trafic et la marge de manœuvre étant réduite au regard de l’étendue de la flotte et de la demande, l’impact est immédiatement ressenti. D’où la location, en décembre dernier, d’un ATR 72 auprès d’Air Tahiti, pour affronter la haute saison et ainsi apporter un peu de souplesse. Quel est l’impact financier ? D’après la compagnie, le budget réservé aux pannes est de 75 millions de francs. Et d’après les premiers calculs - les comptes seront arrêtés dans deux mois, l’exercice courant d’avril à mars -, l’incidence réelle serait, malgré tout, inférieure de 16 % à l’enveloppe consacrée. « C’est satisfaisant », dit-on à Aircal.
« Nous avons peut-être un peu péché par manque de communication »
L’imprévisible était prévu, visiblement : le coût global du poste maintenance atteint plusieurs centaines de millions de francs par an. Le couac dans la « régulation » suscite, par ricochet, une gestion soudainement accrue de la clientèle. Et là, « nous avons peut-être un peu péché par manque de communication », reconnaît la compagnie. Pour y remédier, « des procédures adaptées sont aujourd’hui étudiées ». Adaptées aussi pour réduire les coûts. Car ces incidents d’exploitation, c’est-à-dire les anormalités par rapport à un programme d’origine, suscitent des frais de nourriture, d’hôtel... La facture s’établirait en 2008 à plusieurs dizaines de millions de francs. « Ce nombre d’incidents a sensiblement augmenté » d’après Aircal. Les grèves ont notamment pesé. « Avec vingt vols annulés en une journée, nous perdions 15 à 20 millions de francs ». Un avion au sol coûte cher. D’autant que, point sensible, l’entreprise n’a pas la maîtrise des recettes. C’est le gouvernement qui fixe le tarif des billets.
Yann Mainguet
70 000 Un avion, comme l’ATR 72, coûte entre 50 000 et 70 000 F de l’heure. Ces frais englobent uniquement la valeur des pièces détachées. S’ajoutent à la somme les primes d’assurance, les salaires des personnels... La flotte est actuellement composée de trois ATR 72 (68 places chacun), dont un loué à Air Tahiti ; un ATR 42 (48 sièges) ; et un Dornier (19 fauteuils). Les destinations sont l’île des Pins, Ouvéa, Lifou, Tiga, Maré, Koné, Touho, Koumac, et Belep. « Un deuxième record de suite » Chez Air Calédonie, le coefficient de remplissage a littéralement explosé : le taux est passé de 68 % à 85 % certains mois, selon les chiffres de la compagnie aérienne. En volume, le bond est spectaculaire. Plus de 320 000 passagers enregistrés en 2007, sans doute 350 000 en 2008... « C’est la deuxième année de suite de record absolu », précise Michel Bertherat, le directeur technique de la société. « Le cap des 350 000 passagers, nous l’avions prévu en fait en 2012 ! » Les raisons conjoncturelles ne se cachent pas : bonne santé économique du territoire, absence momentanée du navire Betico vers l’île des Pins... Mais qui dit activité beaucoup plus soutenue, dit charge supplémentaire sur le personnel, le matériel. Et quand s’ajoutent plus de points noirs tels que la météo défavorable, des jours de grève, ou des difficultés avec des contrôleurs, « cela se voit davantage ». La rançon du succès. En conseil demain Les acteurs d’Air Calédonie se retrouvent demain jeudi 22 janvier, en conseil d’administration autour de leur président Nidoïsh Naisseline. Au menu : un premier point quelques semaines après le début de l’exploitation de l’ATR d’Air Tahiti en location ; un état d’avancement sur le dossier d’extension de la flotte - autrement dit, les conditions de l’éventuelle acquisition d’un nouvel avion - ; mais aussi le projet de moteur de réservation par internet ; ou les cartes résidents...
photothéque ile des pins
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